C’est à dire vite, certes, mais il est vrai que dans l’absolu, il vaut mieux prendre la porte (volontairement ou non) que de se tuer au travail.

France Télécom et Pôle Emploi (notamment en raison de sa grève) sont très présents dans l’actualité d’aujourd’hui, notamment sur l’axe du mal-être au travail.
- le questionnaire surprise distribué en début de semaine aux salariés de FT est disponible via Libération. Il peut être intéressant de le récupérer et de le remplir une fois par an avant votre entretien (mais bon, c’est long, près de 200 questions), car les sujets abordés ne sont pas franchement spécifiques à FT, mais peuvent être adaptés à toute organisation hiérarchique de taille raisonnable. Il est possible que ce document devienne une référence culte, si si. Et imaginez la tête de votre N+1…
- en tout cas, les sondés semblent jouer le jeu et répondent (Agence Reuters). Le tout dans la lignée positiviste des réflexions de la direction, amorcée il y a deux semaines (Challenges). Bref, on nage dans la bonne volonté affichée (Le Monde).
- à côté, on a droit quand même à quelques bourdes, parfois assez grosses. Un statisticien de l’Insee a connu le syndrôme du feu d’artifice (on pose des questions intéressantes à la base, on s’expose aux médias et on s’explose) : certes, la forte médiatisation des suicides chez FT a fait l’impasse sur la comparaison des chiffres des taux de suicides dans la population française, mais de là à dire qu’on se suicide plutôt moins chez France Telecom qu’ailleurs, c’était vraiment risqué (Le Point). Et c’était également faire l’impasse sur la spécificité de l’échantillon des salariés en questions (passés du service public au privé, avec un management sur objectifs, en restructuration poussée… Difficile de comparer). Bref : bataille royale (Libération).
- l’étude de la souffrance au travail (et au chômage) est donc à la mode aujourd’hui (Les Echos). Et on commence à entendre (enfin) les chercheurs, alors que d’habitude, on se fout de leurs travaux on se focalise sur d’autres sujets. En France, où le suicide est parfois considéré comme une cause nationale, la réduction du stress n’est pas une priorité pour les entreprises. Et le stress est engendré notamment par une inaptitude à gérer (Le Monde), et à redonner du sens au travail.
- et le Pôle Emploi, alors ? Les personnels semblent avoir participé de manière plus que significative à la grève du 20 octobre. Les médias sont donc revenus sur les raisons de ce mouvement (France 24), et les conséquences pour les personnels (Le Monde) et les usagers (France 2). Là encore, le sujet reste la souffrance au travail.
- donc, l’enjeu déborde et pourrait devenir politique, alors qu’il est avant tout sociétal et économique. Le gouvernement démine par prudence la situation de la Poste en posant un objectif de « bien-être » des postiers à leurs directeurs (Reuters), pendant que le PDG de France Télécom explique à la presse que ses salariés « ont tort de penser qu’on ne les aime plus » (L’Express).
Et là, on vous avoue, cela nous gêne. Objectiver le bien-être, parler d’amour ou de bonheur au travail, cela ne finit généralement pas très bien.
Tags: grève, licenciement, souffrance au travail, suicide
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