Premières mesures en cas de rupture

13 mai 2009

morpion3
Votre boss vient tout juste de vous annoncer qu’un autre monde allait prendre vie pour vous :
Changement de périmètre à la baisse, changement de zone géographique, changement de fonction au rabais ou changement de moyens : bref, cela sent grave la rupture de pacte. Bien entendu il n’a pas manqué de vous rappeler que si cette promotion, ce nouveau challenge extraordinaire qui vous attendait, vous interpellait au niveau du vécu, vous pouviez chercher vous-même dans le Groupe ou même ailleurs une autre opportunité : il n’y voit pas d’inconvénient et peut même vous recommander si besoin. Vous pouvez bien sûr prendre tout votre temps pour réfléchir à tout çà.

Petit détail et non des moindres : tout s’est passé à l’oral, à l’occasion d’un petit déjeuner très convivial et feutré avec big boss, le tout la veille d’un pont (c’est tellement mieux) et du grand séminaire annuel de la boîte où la réorganisation va être annoncée dès ce beau lundi.

Gloups, à la sortie du rendez-vous, vous déglutissez, desserrez votre cravate (ou votre string) et hésitez, là, maintenant à courir nu dans les couloirs en beuglant comme un malade. Vous ne savez pas pourquoi, ou dirais-je trop bien, vous avez ce goût amer dans la bouche et un brin de panique qui gagne votre petit coeur de cadre.

Alors « fast and furious » ? Si vous devez rompre un pacte, allez-y à fond la caisse et lâchez-vous ou restez plutôt « zen and calm » ?

Let’s go for a little ride :

A partir de maintenant et tant qu’il n’ y a pas officiellement d’écrit de la part de votre société, voici nos fameux petits conseils entre amis :

1/ Un compte-rendu de cet entretien par mail le plus factuel et le plus neutre possible est à établir à votre boss sans indiquer vos intentions à ce stade et en suscitant une réponse grâce à une phrase sybilline du type « Merci de compléter ce mail si un ou des éléments contextuels aient pu m’échapper pendant notre entretien » ou « Pouvez-vous par retour de mail me préciser les prochaines étapes ?  »

2/ Ressortez et étudiez à la loupe : votre contrat de travail, vos objectifs, votre bulletin de paie qui fait foi à défaut de contrat (classification, titre, ancienneté ….), votre convention collective.

3/ Mettez au clair votre objectif. Par exemple : saisir cette occasion pour négocier une transaction de départ ou rester dans cette entreprise (mais en redistribuant de meilleures cartes de votre côté) ou laisser pourrir la situation jusqu’à ce que votre employeur prenne les devants, etc ….

4/ Prenez dare dare un rendez avec un avocat ou un conseil. Voir notre fiche « Comment choisir un avocat et pas seulement sur sa robe. »

5/ Tenez un journal des événements appuyés par des mails, des communiqués de presse, bref tout document écrit pouvant illustrer vos propos.

6/ Faites une sauvegarde de vos dossiers et de vos mails (sans entraver bien entendu votre devoir de confidentialité).

7/ Restez le plus « calm and zen » possible tel Bjorn Born en fond de court ( je sais cela ne nous rajeunit pas) et éviter de palabrer autour de la machine à café ou de pleurer dans les décolletés des assistantes, consultantes ou stagiaires.

8/ Ouvrez vos oreilles et recouper l’information, si vous êtes plus de 10 salariés concernés par ces nouvelles mesures, il ne s’agira plus d’un cas isolé, mais la possibilité d’une négociation collective à terme.
(Et dans ce cas, la donne n’est plus du tout la même).

9/ Restez le plus professionnel possible et éviter toute occasion de glisser vers la faute sauf stratégie de la terre brûlée et de non retour sans passer par la case « départ » du Monopoly (Vous savez celle où vous êtes censé toucher…).

10/ Mettre en place un plan d’action une fois la situation juridiquement éclairée en terme d’enjeux et de risques et ce au cas par cas, fonction de votre ancienneté, de votre type de contrat, de votre objectif …

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