Garder le moral en pleine crise ?

28 février 2009

Ne jamais oublier l’adage :
« Un chef, c’est fait pour cheffer »- Jacques Chirac

chocolat

Ah ! le dilemme du cadre : solitaire ou solidaire en pleine crise, excessivement zélé sur tous les fronts pour ne pas être mis sur la sellette et conserver une proximité salvatrice avec ses collaborateurs ? Comment gérer au mieux les situations difficiles sans s’enfoncer dans le dilemme insoluble (?) de l’éthique et de l’efficacité. Brrr y a comme un frisson dans le dos : 45% des cadres déclareraient en ce moment appliquer des décisions contraires à leur éthique (Résultat de l’Iresca publié dans le courrier Cadres de janvier 2009) ! Près d’un sur deux ! Entre le crédit de la maison et de la voiture et l’équité salariale, les hommes passent et les organisations restent, semblerait-il ? Ah ils ferment aussi les sociétés ? Les parachutes dorés ne s’ouvrent plus en toute impunité ? Personne n’est épargné alors, voilà qui devient plus drôle, même s’il n’ y a pas vraiment de recette miracle. Avis aux commentaires !

Peut être un conseil tout de même : celui de pouvoir se regarder dans une glace quelque soit le matin et dans un premier temps d’humer le vent, pour anticiper les difficultés :

Voici une petite liste d’indices (dans le désordre) qui peuvent vous alerter et vous permettre d’établir le bon plan d’action dans la foulée. L’impression d’appréhender un tantinet plus la situation sera de toute façon toujours plus « ludique » que de la subir (Jouer l’autruche, cà fait toujours plus mal au réveil) :

  • Des hommes en costumes noir viennent auditer deux ou trois départements de votre entreprise et big boss est en réunion du matin au soir.
  • Votre société fait l’objet d’un rachat, d’une fusion ou absorption et vous l’apprenez dans la revue de presse. Ben çà alors !
  • Votre secteur d’activité fait régulièrement la une des journaux dans le cadre du plan de relance de l’économie nationale et de la sauvegarde des emplois .
  • Votre société connaît une réorganisation voire une restructuration en cours
  • Une ou des activités sont arrêtées, d’autant plus inquiétant s’il s’agit d’actifs ou du coeur de métier de votre boîte.
  • Le distributeur de boissons gratuites vient d’être remplacé par du payant.
  • Une agence immobilière fait visiter régulièrement vos locaux (juste une question de routine d’après le mail des RH)

Parmi les facteurs aggravant :

  • Votre société a moins de 5 ans
  • Votre directeur financier assène à qui veut bien l’entendre qu’il n’y a plus d’argent dans les caisses (d’autant plus désopilant quand votre actionnaire majoritaire est cotée au cac 40)
  • Le siège – et votre PDG aussi en ce moment, est basé dans un paradis fiscal en dehors des listes du G20, de Sarko ou Barack (les Barbades par exemple).

A titre plus personnel :

  • Votre supérieur hiérarchique a changé inopinément de poste (non non, ce n’est pas franchement pour la promotion qu’il attendait)
  • Vous êtes chartérisé (muté) dans le Nord (un mauvais remake de bienvenue chez les T’Chis mais c’est bizarre beaucoup moins drôle à votre goût)
  • Le stagiaire a pris votre bureau ( et c’est le petit fils du fondateur )
  • On vous évite à la cantine ou on chuchotte avant ou après votre venue à la machine à café
  • Le DG écorche votre nom ou votre prénom systématiquement ( vous avez 10 ans d’ancienneté et l’entreprise compte moins de 25 salariés. )
  • Votre photo a disparu inopinément du trombinoscope et pour une fois le webmaster de l’intranet n’y est effectivement pour rien.
  • Vous êtes mis en concurrence directe avec le chef de produit junior qu’on vous avez recruté le mois dernier. Vous avez encore les mots du RH en tête : « C’est une excellente idée pour vous alléger et reconnaître enfin votre talent de manager hors pair ».
  • Vous n’avez plus les moyens (humains, matériel ou financier …) d’exécuter votre mission. (un bon vieux stylo et un calpin a toujours ses preuves, non ? )

Les facteurs aggravant (spécial pour parano) :

  • Vous avez plus 45 ans
  • Vous êtes une femme sans forme rebondissante
  • Vous avez une haleine fétide
  • Vous sentez grave des aisselles
  • Vous êtes en période d’essai.

Voilà, vous êtes à présent sensibilisé aux signaux faibles; il est temps de vous parler dans une prochaine fiche de votre plan d’action « Je garde le moral  » ou plutôt « j’assure mes arrières et si je suis lourdé, ce sera en beauté ». Mais euh… là faudrait les écrire, et vue le contexte, à part 10kg de fumette, un ticket gagnant au loto, un héritage inattendu ou Emma Watson (voire Chris Pine pour les filles) qui tombe raide dingue de votre french touch, on sèche grave…. mais on va trouver, on va trouver …

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