Savoir négocier en ces temps de M….

28 février 2009

« Ne négocions jamais avec nos peurs. Mais n’ayons jamais peur de négocier. »

John Fitzgerald Kennedy

poubelle-argent

Le meilleur conseil que l’on puisse vous donner à l’heure actuelle, euh, …c’est bordel pourquoi vous n’avez pas négocié en amont vos conditions d’embauche ! Ok, c’est super facile de notre part et vraiment difficile à entendre, surtout que vous n’avez pas vraiment besoin de çà en ce moment. Mais pour démarrer cette fiche pratique, nous vous proposons un petit rappel à toutes fins utiles dans le cadre d’un « nouvel ex futur emploi » :

(Extrait en bonne partie de « Cadres, ne vous laissez plus faire » de Béatrice Henry-Biabaud Clair et Thierry Maroli édité chez Dunod).

En bonus et avant de démarrer, deux petites maximes à avoir en tête pour bien préparer votre entretien et à vous répéter en boucle :

1/ Cela ne coûte rien de demander.

2/ La négociation démarre vraiment quand on vous a répondu « Non »

Autre ingrédient pour obtenir un bon score en négociation et qui se vérifie quasiment à chaque fois :

Etre convaincu, pour être convainquant, sans agressivité et sans faire place à ses émotions. C’est ce que l’on appelle, un truc, comme « la réalité des projections automatiques ». Pour mémoire : séquestrer son patron est un levier à se garder plutôt au moment du départ, qu’à l’entrée.

Chaque demande doit être bien entendu préparée avec minutie et justifiée par des arguments qu’il s’agisse des conditions financières souhaitées, des conditions d’exécution de votre mission ou de l’aménagement des clauses susceptibles de menacer votre « liberté » de futur salarié.

Dans cette fiche pratique, nous nous focaliserons à titre d’exemple sur les conditions financières, mais vous pourrez lire prochainement notre fiche sur « le contrat de travail passé à la loupe »

Ce qui est négociable à l’embauche, à condition que vous soyez bien « désiré » (C’est-à-dire que votre futur supérieur vous ait d’ores et déjà indiqué que vous êtes pris et qu’il s’est en quelque sorte engagé personnellement auprès de sa direction sur votre recrutement ; le hic pour lui à ce stade est que votre refus pourrait lui être assigné. C’est donc bien le bon moment pour entamer les négociations salariales). Ne pas oublier que tant que votre contrat n’est pas signé, tout est encore et toujours négociable.

  • La période d’essai, passée pour mémoire de 3 mois reconductibles à 4 mois. En tant que directeur de projet par exemple, 8 mois c’est presque la durée d’un projet ….

Donc rien ne vous empêche de la négocier en particulier si vous devez quitter un poste pour ce nouvel emploi. Si vous n’avez rien à perdre et surtout pas le choix, n’oubliez pas que la période d’essai est réciproque et que c’est aussi pour vous le temps de faire « votre marché » pour trouver l’entreprise qui vous fera confiance de manière réciproque.

Si l’on vous rétorque que vous êtes timoré. Rappelez que vous avez pour habitude de prendre des risques dans votre activité actuelle mais qu’ils sont calculés, à fortiori en période de crise, qu’il s’agisse de vous ou de l’entreprise. Et si vous savez négocier pour vous, vous savez négocier pour l’entreprise.

Autres éléments négociables à l’embauche :

  • Votre future augmentation, a fortiori, si le salaire qui vous est proposé en période de crise est trop largement en dessous du marché. Si vous ne parvenez au niveau de salaire souhaité, laissez toujours une porte ouverte à la négociation. Vous pouvez accepter cette proposition à condition que votre salaire soit revu à la hausse dans les 6 mois. Si vous n’obtenez pas cette mention à votre contrat, un mail de votre futur supérieur hiérarchique peut être bienvenu à défaut, même si elle est a priori moins engageante. Si une hausse du fixe n’est pas envisageable par l’entreprise, faute de connaissance de son environnement dans les 6 mois, abordez alors le principe d’un variable ou d’une prime ou tout autre avantage pouvant compenser cette valorisation à la baisse de votre profil. (Ce qui est pris, rappelez-vous n’est plus à prendre.).
  • Le principe est le même pour une prime d’entrée (récupération/compensation du variable que vous abandonnez en quittant votre poste) ou de fidélité (quand le rapport de force avec les entreprises est inversé ou que votre compétence est rare sur le marché de l’ emploi). Les montants sont à négocier au cas par cas et dans le cas de la prime de fidélité, attention : elle est restituable si vous ne respectez pas la période convenue conjointement ( 1 ou 2 ans par exemple)

Si l’enveloppe salariale vous semble encore en deçà de votre valeur, rien ne vous empêche d’aborder les différents avantages en nature que peut offrir l’entreprise, voire des stocks option pour des entreprises cotées en bourse ( petit rappel : un petit aller retour sur un site boursier pour connaître les évolutions de la cote de l’entreprise est à bien appréhender pour en négocier le montant qui doit être dans tous les cas inférieur à la cotation en cours …) :

Voici une liste non exhaustive :

- Voiture de fonction

- Remboursement kilométrique

- Prise en charge de votre téléphone portable

- Achat d’un micro portable

- Montant du remboursement des notes de frais ou « vestiaire » (en particulier si votre métier implique beaucoup de représentations ou des déplacements fréquents).

- Connectivité internet à la maison

- Carte 3G ( internet en mobilité)

- Prime de déménagement

- Formation (…)

Mais plus important et sans parler de parachute doré, négociez autant que possible la mention contractuelle de votre rattachement hiérarchique et le descriptif de votre poste, sans oublier vos conditions de départ. C’est un peu le principe du contrat de mariage où il s’agit de prévoir le meilleur comme le pire, mais sans surprise et d’un commun accord.

A ce stade de la négociation il n’ y a que des volontaires potentiels, même si le rapport de force en période de chômage accrue est au profit des entreprises.

Une clause de ce type concerne à priori plutôt les cadres supérieurs ou les cadres dirigeants. Elle protège ces derniers d’une rupture anticipée du contrat de travail à l’initiative de l’employeur. Il s’agit, le plus souvent, d’une somme forfaitaire et il est raisonnable de demander entre 6 mois et un an de salaire, commissions incluses en fonction des risques associés à votre activité et applicable si possible dès le premier jour de prise de fonction.

Voilà pour la négociation à l’embauche. Pour les conditions de licenciement, nous aborderons à l’occasion d’une prochaine fiche pratique dédiée à « comment négocier un licenciement individuel ». En attendant vous pouvez déjà en prendre une tranche avec le MacGyver du lourdé.

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